Dans une voix qui n’a jamais travaillé (chez les jeunes enfants par exemple), on observe un certain nombre d’associations spontanées* entre plusieurs facteurs vocaux :

  • chanter plus aigu = chanter plus fort = tendre les organes vers le haut (jambes, larynx, têtes, yeux)
  • chanter plus grave = moins articuler le texte = timbre plus sourd
  • chanter moins fort = chanter moins vite = chanter légèrement faux (vers le bas)

On peut alors dessiner un schéma, avec 6 axes parallèles, plus ou moins associés fortement chez chaque chanteur :

Ce qui pose bien évidemment des problèmes. D’abord on ne peut pas se permettre de perdre la pulsation, la justesse ni l’intelligibilité du texte. Ensuite, quelle liberté artistique cela nous laisse-t’il ? On veut pouvoir chanter plus fort ET plus grave, bien entendu !

Donc, on va travailler sur la dissociation de ces éléments, en les prenant 2 par 2 afin de réduire le niveau de complexité.

Exemples :

  • travailler un motif simple en montant la tessiture, mais en diminuant le volume (sur des glissandos, également)
  • chanter ultra-piano un texte sur un bourdon, en hyperarticulant, à différentes vitesses
  • sur un bourdon, chercher des timbres léger avec des harmoniques aigues, puis un timbre sombre et sourd. Le décliner sur toute la tessiture
  • etc.

L’objectif est de gagner en liberté d’action sur l’ensemble de ces axes, afin de pouvoir chanter des choses très variées dans des styles différents.

* cela est du principalement à la façon dont notre système nerveux s’est organisé au cours de l’évolution, notament pour réagir de manière appropriée aux bruits stridents et soudains, mais ceci est une autre histoire…